Un nouveau chapitre s’ouvre pour Ahmed El Mehdi Mezouari. Nommé vendredi 16 octobre par le Roi Mohammed VI, il rejoint le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri en qualité de ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, chargé de la Pêche maritime.
Cette nomination propulse le responsable socialiste à la tête d’un portefeuille où se croisent impératifs économiques, préservation des ressources, emploi et compétitivité. Pour ce juriste de formation, le passage à l’Exécutif intervient après un parcours construit entre engagement partisan, mandat parlementaire et expérience dans la régulation publique.
Un parcours façonné au sein de l’USFP
Originaire de Mohammedia, Ahmed El Mehdi Mezouari a progressivement gravi les échelons au sein de l’Union socialiste des forces populaires. Membre du bureau politique, il s’est également imposé ces dernières années comme l’un des responsables du parti dans la région Casablanca-Settat, dont il assure le secrétariat régional.
Son parcours politique s’est d’abord construit au niveau local et dans les structures de jeunesse. Ancien responsable de la Jeunesse ittihadia, il a également participé à la création de l’Institut national de la jeunesse et de la démocratie, qu’il a présidé entre 2006 et 2012. Une expérience qui lui a permis de travailler sur les questions de participation politique, de gouvernance et d’implication des jeunes dans la vie publique.
Cette implantation partisane s’est renforcée avec les années. Lors des préparatifs des élections législatives de 2026, Mezouari a notamment piloté une partie du processus d’investiture de l’USFP dans la région Casablanca-Settat, confirmant son poids dans l’organisation territoriale du parti.
Un passage par le Parlement
Ahmed El Mehdi Mezouari connaît également les rouages du Parlement. Élu en 2011 sur la circonscription nationale sous les couleurs de l’USFP, il a siégé à la Chambre des représentants durant la législature 2011-2016.
Il y a notamment travaillé au sein de la Commission des finances et du développement économique, dont il a été vice-président. Un passage qui l’a confronté directement aux questions budgétaires, aux politiques économiques et au contrôle de l’action gouvernementale.
Durant son mandat, il a également porté plusieurs questions liées à la gouvernance et à la gestion des ressources publiques. Cette expérience parlementaire constitue désormais l’un des points d’appui de son entrée au gouvernement, où il devra cette fois passer du contrôle et du débat législatif à la conduite directe d’une politique sectorielle.
De la gouvernance à la régulation de l’énergie
Juriste de formation et chercheur en gouvernance, Mezouari a poursuivi son parcours institutionnel après son mandat parlementaire. En 2020, il a été désigné par le président de la Chambre des représentants comme membre du conseil de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité.
Cette fonction l’a placé au cœur d’une institution chargée d’accompagner la transformation du secteur électrique, de veiller à la transparence du marché et de contribuer à la régulation des réseaux. Une expérience différente de la politique partisane, davantage tournée vers les mécanismes de régulation et la gouvernance sectorielle.
Son arrivée au ministère de la Pêche maritime marque donc un changement d’échelle. Il lui faudra désormais appliquer cette expérience institutionnelle à une filière exposée à des enjeux économiques, sociaux et environnementaux particulièrement imbriqués.
La ressource halieutique au cœur des défis
Le nouveau ministre délégué hérite d’abord d’un dossier central : la préservation des ressources halieutiques. Les équilibres biologiques, la gestion des stocks, le respect des périodes de repos et la lutte contre les pratiques illégales restent déterminants pour garantir la pérennité d’une activité dont dépendent de nombreux territoires côtiers.
À cette dimension environnementale s’ajoute la modernisation de la flotte. Renouvellement des navires, sécurité en mer, amélioration des équipements et conditions de travail des marins figurent parmi les chantiers qui accompagnent la transformation du secteur.
La valorisation des captures constitue un autre enjeu. L’objectif ne se limite plus aux volumes débarqués : transformation industrielle, chaîne du froid, qualité des produits, commercialisation et exportations jouent un rôle croissant dans la création de valeur autour des ressources marines.
Concilier production, emploi et durabilité
Ahmed El Mehdi Mezouari devra aussi composer avec la forte dimension sociale de son portefeuille. De nombreux emplois directs et indirects dépendent de la pêche, depuis les marins et les armateurs jusqu’aux halles, unités de transformation, transporteurs et activités portuaires.
L’équation consiste donc à maintenir l’activité économique sans fragiliser la ressource sur laquelle elle repose. Une tension permanente entre exploitation et renouvellement des stocks, particulièrement sensible dans les zones où la pêche constitue l’un des principaux moteurs de l’économie locale.
Rattaché au ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, le nouveau ministre délégué devra enfin inscrire son action dans une politique plus large de sécurité alimentaire et de développement des filières nationales.


